Depuis peu, j’ai l’opportunité de louer une vitrine située au centre de Lausanne, à l’entrée de la poste. Cet espace, en permanence visible, me permet de déployer ma pratique artistique dans un lieu hybride, entre exposition et lieu de passage. Il devient un refuge pour le projet en cours que je mène avec un ami : La Liste de Ressources. Ce projet, d’abord pensé comme un outil numérique, trouve ici une matérialité nouvelle en s’ancrant dans un espace physique accessible à touxtes.
La vitrine convoque des thématiques liées à la bureautique, un univers en apparence froid et administratif, mais qui cristallise en réalité des enjeux profonds de care, de validisme et d’accès à l’information. Les démarches administratives sont souvent complexes et chronophages, en particulier pour les personnes en situation de vulnérabilité. En rendant visible La Liste de Ressources dans cet espace, je questionne la difficulté d’accéder à l’aide, l’attente imposée par ces processus et la manière dont l’information elle-même devient un enjeu de pouvoir.
Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large autour des dynamiques de soin et de communauté, qui se dessine de plus en plus nettement dans ma pratique artistique. Mon engagement bénévole au sein de MéduSales – une librairie associative féministe, queer et décoloniale – a nourri mon désir et l’idée de constituer une archive vivante et d’offrir à ces ressources un espace où elles puissent exister.
Dans cette vitrine, La Liste de Ressources est présentée en l’état, accompagnée d’une date qui marque le moment de sa réalisation et de lecture. Cette inscription temporelle fait écho aux enjeux de l’archivage, notamment en raison de la disparition programmée de certaines ressources. Ce geste permet ainsi d’honorer la mémoire d’informations menacées et de questionner notre rapport à la conservation des idées nottament engagées.
Un QR code, placé sur une tour d'ordinateur, offre un accès direct au site en ligne, prolongeant cette réflexion sur les liens entre matérialité et numérique. Pour l’instant, ce projet est pensé pour une durée d’au moins un an, mais la vitrine demeure un espace de curation en devenir, voué à évoluer avec le temps.